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 Solène

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Messages : 187
Date d'inscription : 18/03/2018

MessageSujet: Solène    Jeu 6 Déc - 8:40

Je me traine en boxer dans la salle de bain, j’ai une gueule de déterré et une barbe de trois jours que je dois effacer à tout prix avant de me rendre au good samaritan hospital pour reprendre un service normal. J’ai les yeux rouges dû à la fatigue, le décalage horaire a eu raison de moi. Je n’aurais pas dû m’endormir dans cette chambre d’hôtel que je loue le temps de trouver un appartement digne de ce nom et de reconquérir Solène. Si j’ai quitté Emma c’est pour elle, si je veux divorcer c’est pour elle, j’ai déjà commencé à discuter avec un avocat par téléphone avant de rentrer. Je vais devoir aller le voir sous peu et il n’est pas impossible qu’il me conseille l’un ou l’une de ses collaborateurs. Peu m’importe en vérité tant que celle que j’aspire à devenir l’ex signe ces foutus documents et que cela soit réglé assez rapidement. Machinalement en soupirant, j’attrape la bombe de mousse à raser après avoir ouvert doucement l’eau chaude pour faire couler un fin filet. Le bruit de la mousse s’étalant sur ma face de zombie blanc m’amuse comme un gosse, je suis de bonne humeur tout de même. Les mains sont rincées, le rasoir attrapé et ce dernier commence à courir sur mon épiderme, chaque geste est précis et renouvelé à deux reprises. J’aime le look un peu baroudeur mais il faudrait que je le soigne et là, je n’ai guère le temps. Plus tard sans doute ou pas, je lui laisserai le décider. Une fois de plus c’est de Solène que je parle, elle hante chacune de mes pensées, son visage m’apparait même dans le micro-miroir de la salle d’eau, je me retourne instinctivement et personne n’est là évidemment. Je lui ai laissé un nombre incalculable de messages sur son téléphone mais, jamais elle ne m’a répondu … Je soupire et passe dans la douche après avoir rincé mon rasoir. L’eau est tiède, je suis un emmerdeur là-dessus, je n’aime pas spécialement les douche trop chaude (sauf si elle est prise avec une certaine personne) ni trop froide. Je me lave et rince le visage de manière rapide. Un nouveau soupir s’échappe d’entre mes lippes, je vais devoir me refarcir le trafic de la cité des anges et rien que d’y penser, cela me soule. En attendant, je passe un caleçon et des chaussettes noires avant d’enfiler un pantalon de costume bleu nuit, une chemise blanche et de terminer le tout avec une veste accordée au bas. Les chaussures de villes sont cirées et noires également légèrement confortables, elles me changent des sabots de l’hôpital. Un coup d’œil à ma montre et il est déjà temps de filer. Je ne prendrai qu’un petit déjeuner au boulot en espérant qu’ils aient amélioré le café depuis la dernière fois … Les clefs en mains, je claque la porte et passe déposer la carte de la porte de la chambre à l’accueil de cet hôtel que j’ai pris le soin de choisir au total opposé de mon domicile officiel.
 
Le double bip de l’alarme du Humer noir se fait entendre, je suis plutôt grand et il me faut de l’espace. C’est aussi la seule folie que je me suis permis avec mon argent. Je ne suis pas spécialement dépensier et peu bling-bling mais cette bagnole, j’en rêvais et travailler parfois en pleine jungle pour aller à la rencontre d’autochtone en Bolivie m’a conforté dans mon choix. Un son peu rock sort du lecteur mp3 que je viens de connecter à la radio. Je tapote déjà sur le volant en démarrant la caisse et me lance sur la route. Est-ce que ma conduite est prudente ? Laissons les flics y répondre car, je ne serais pas spécialement honnête là-dessus. Une part sombre qui sommeille en moi sans aucun doute. J’arrive plus rapidement que je ne l’avais prévu devant l’hôpital et cherche un instant ma place, je sais qu’elle m’est réservée mais, j’ai un peu de mal de la retrouver depuis qu’ils me l’ont changé. Je ne suis pas spécialement pour ce genre d’attribution à la plaque d’immatriculation. Disons-le même cela me fait carrément chier. Une fois garé, je descends et fais les gestes inverses de ceux que j’ai fait au moment de partir. Assuré que mon engin soit bien fermé, je peux enfin pénétrer dans le centre hospitalier. J’y suis à l’aise et salue déjà pas mal de monde tout en commençant à chercher une certaine personne du regard. Les vestiaires sont à quelques pas de moi après avoir déambulé dans de longs couloirs interdits à toute personne non accréditée.  Je vais me changer, passe la traditionnelle blouse blanche pour aller me présenter aux nouveaux membres du personnel et commencer mes visites, j’ai pris connaissance de quelques dossiers qu’on m’a transmis par mail dans l’avion. Je sais que je vais aussi devoir passer voir Fernando, un des derniers gamins boliviens que j’ai opéré ici-même, l’évolution de son cas est favorable à une sortie proche mais, je souhaite continuer le suivi moi-même.
 
Me voilà déjà entouré d’un ou deux internes, ils vont me suivre après s’être présenté d’après eux. Cela reste à voir selon moi, la pédiatrie est un monde difficile nerveusement, il faut parfois s’attendre à perdre un enfant et c’est ce qu’il y a de plus dur. Plus dur même que d’annoncer à une famille que parfois, il n’y a pas d’espoir … De sembler d’être détaché alors que dans votre fort intérieur c’est un volcan de colère car vous vous sentez coupable. Je soupire mentalement, passe les mains dans les poches nerveusement en ne la voyant pas. Je commence à être contrarié D’un coup, la vision que j’attendais, une jolie rousse sort d’une chambre « Solène je … » Je n’ai pas le temps de terminer ma phrase, une femme d’un certain âge hurle à plein poumon, elle appelle à l’aide, son petit-fils lui semble étrange « Avec moi tout de suite !! » Je lui ordonne de me suivre ainsi qu’à mes laqués d’un jour. Travailler avec elle est tout fait normal pour moi surtout que nous l’avons déjà fait et que l’occasion est trop belle pour que nous puissions nous parler sans qu’elle ne s’enfuie.
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MessageSujet: Re: Solène    Jeu 6 Déc - 12:22

J’ai une petite boule dans l’estomac au moment de garer la bagnole. Étrange sentiment de stress que j’évacue assez rapidement par une méthode de respiration et de relaxation. Je ne coupe pas tout de suite ma musique d’ailleurs, elle m’aide, cela beau être du Ac/dc, cela me calme, je ne suis pas un inconnu entre les murs que je vais à nouveau fréquenter sept jours sur sept quand il le faudra. Mais je ne suis pas encore là et sincèrement, j’ai d’autres choses auxquelles penser. Une personne en particulier, celle avec qui je veux refaire ma vie, celle avec qui j’ai déjà vécu de bons moments en Amérique du Sud. Celle qui pourrait … non, je ne peux y penser, notre dernière dispute a été assez truculente, je me suis emporté, les portes ont été claquées, elle ne m’a pas laissé le temps de lui annoncer certains projets … Un dernier soupir s’échappe de mes lèvres, oublions les affaires personnelles et plaçons le professionnel en haut de la hiérarchie. Les enfants m’attendent et moi, je suis pressé de les remettre sur pieds. Non pas que je ne les aime pas, au contraire même, mais, j’estime que leur place n’est pas d’être dans un hôpital, enfermés entre les murs blancs de cette prison aseptisée. Nous avons fait le serment de tout donner pour les sauver, de repousser nos limites pour arriver à ce but. Oui c’est peut-être utopique, rêveur par moment mais, je sais que nous en sommes capables au moins sept fois sur dix. Il nous arrive d’échouer, de ne pas tenir une promesse et de devoir annoncer la mauvaise nouvelle à une famille … cette nouvelle que certains se sont préparé à entendre et d’autres non … il nous arrive de devoir nous isoler pour nous aussi pleurer à cause de ce sentiment d’échec, de voir un petit être partir rejoindre ses ancêtres trop tôt, bien trop tôt. Je peux comprendre que certaines familles nous en veuillent, nous insultent, nous haïssent après une telle annonce, je pense que je ferais pareil si j’étais placé dans ce genre de cas.
 
Rapidement, je suis entouré d’internes lorsque j’aperçois Solène pour la première fois depuis mon retour, cela fait un peu près trois mois que nous nous sommes quittés -enfin non qu’elle m’a quitté- J’ai remarqué son geste, je n’y fais pas allusion pour autant au moment où je la salue, au moment où nous sommes déjà interrompu par cette vieille femme qui est sortie d’une chambre un peu plus loin, elle court, les larmes coulent sur ses joues, cela doit être grave, j’ordonne rapidement à tout le monde de me suivre, nous allons retravailler directement ensemble. Rapidement dans la chambre, je remarque que l’enfant s’étouffe, il s’agit d’un gamin de cinq ans à peine … « Il a avalé quelque chose ? » Demandais-je dans la précipitation à la grand-mère en larmes. Putain, tu parles d’un retour, c’est évidemment un des dossiers que je n’ai pu encore consulter. Elle me fait signe que non, je regarde autour de moi « Mademoiselle Chateaubriand j’ai besoin d’un tube vite ! » Je n’ai pas encore remarqué qu’elle n’était pas avec nous, mes sourcils se froncent, mon regard s’obscurcit. « Macmiller vous avez déjà fait une trachéotomie non ? » Je m’adresse là à une métisse de vintg-neuf ans, interne de dernière année, elle doit savoir le faire en urgence normalement « Beth assistez-là avec Harton et Piller » Ce dernier me reprend en me disant que son nom est Pillier, un emmerdeur un … Je lève les yeux au ciel et soupire. Tout le monde se met en route, je sors de la chambre, il a dû à peine se passer deux à trois minutes entre notre entrée et ma sortie, je retrouve Solène appuyée contre le mur, je deviens blême et me précipite vers elle. « Mon amour qu’est ce qui se passe ? » J’attrape sa main, la serre dans la mienne avant d’attraper une chaise proche de nous et l’y faire s’y asseoir. Ma voix a été tendre pour lui parler, bien plus douce que celle que j’ai utilisé pour parler aux internes. « Je suis là pour toi Solène. » Mon regard se pose sur elle, je l’observe des pieds à la tête en passant soigneusement son corps en détail. Je m’attarde sur son ventre, relève les yeux et attend une réponse de sa part. « Chérie ? » C’est osé de la nommer de cette manière directement mais peu m’importe, l’important c’est de la faire réagir même si je dois être maladroit ou gonflé pour le faire.
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Solène
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